Blessée, au combat

  • 20 Août 2021
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« Tu es trop jeune pour comprendre.Tu comprendras quand tu seras plus grande.Tu es trop petite pour venir. Tu restes là ! »

Ces phrases m’ont valu bien des moments de solitude et d’incompréhension. Des sentiments d’injustice, d’abandon et de souffrance alors que j’étais enfant.La souffrance d’être dans l’ignorance, de ne pas avoir accès comme les autres à la connaissance, à l’information, à la compréhension, à l’échange, à la présence et au partage. Comme si sous prétexte que j’étais enfant, je ne pouvais ni comprendre, ni savoir, ni partager, ni vivre comme les autres et avec les autres.

Ces phrases et situations répétées ont marqué mon âme jusque dans mes os. Tout mon être désormais porte en lui la trace de ce que l’ignorance et l’absence ont eu comme effet sur moi et qui se reflètent aujourd’hui encore dans chacun de mes pas.

Aucune plainte, rancune ou amertume. Aucun reproche ni jugement envers mes « grands ». Seulement le constat de ce que l’enfant que j’étais a vécu, ressenti et compris.

En conséquence de quoi je porte en moi non plus la blessure, mais la marque d’un combat qu’il m’a été donné de mener. Celui qui me pousse à vaincre l’ignorance et l’indifférence autour de moi.

L’ignorance est un fléau qui rend l’homme impuissant, démuni et docile. Elle le prive des moyens de comprendre le monde et les gens. Elle l’empêche de faire ses armes dans cet environnement inconnu et risqué qu’est la vie. Transmettre c’est offrir à l’autre les moyens de se connaître, de se comprendre soi et le monde pour être libre, autonome et accompli.

Indélébiles, ces marques souffrantes et douloureuses au début, sont devenues, après bien du travail personnel, mes leviers les plus puissants et mes plus grandes ambitions.

Grâce à mon histoire et à la manière dont je l’ai vécue, me voilà aujourd’hui en tenue de combat, armée jusqu’aux dents pour oeuvrer à la manière d’un missionnaire dans le but de diffuser la connaissance au plus grand nombre, tel un droit inaliénable à l’indépendance et à la liberté.

L’homme n’est pas mauvais, il est ignorant.

Merci de tout mon coeur à « mes grands ».

Et vous, quel est votre combat ?

Sarah Ismaïl